Six Pack Band

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SIX PACK

Formé à l’origine pour une occasion unique : investir sauvagement la scène d’un festival punk avec 4 titres répétés la semaine précédente
et chantés en pur yaourt mixé avec quelques vagues mots en anglais, ce trio devint rapidement un des groupe phares de la scène punk
lausannoise durant toute l’année 1981, et alla porter la bonne parole à Genève, Montreux, Yverdon, Fribourg, Zürich, Wettingen et Prilly.

A cette époque, il était de bon ton de jouer très vite, en faisant beaucoup de bruit, en dégageant le maximum d’énergie, même si c’était
au détriment de la mise en place. Si le public ne se mettait pas à sauter frénétiquement dans tous les sens dès les premières secondes,
c’est qu’on s’était déplacé pour rien.

Puis, au bout d’une année, le groupe implosa à la suite de problèmes insupportables causés entre autres par le négrier qui nous louait une
cave sordide, mais dans laquelle nous avions un son particulier que nous n’avons jamais retrouvé ailleurs.

HISTORIQUE

Dimanche 25 janvier 1981, Fonz Tchanz (voix et guitare), GéraldPereira (voix et basse) et Alain Aldag (batterie) se réunissent pour la première fois dans une cave humide et infecte de la rivera vaudoise, parmi les moisissures et les champignons.

Le groupe s’est constitué dans le but d’une unique représentation, le samedi suivant, dans le cadre d’un festival punk du Lapin Vert, à Lausanne et a l’intention de s’appeler Scooter, nom qui sera modifié au tout dernier moment en Six Pack.

Et juste le temps de faire une répétition et deux morceaux de plus car le groupe est engagé d’office pour un concert le samedi suivant.

Trois semaines plus tard il faut remplacer d’urgence un groupe qui a fait défection pour la première partie de Starshooter (Les monstres ! Ils m’ont tiré du lit avec 40 de fièvre).

Les concerts suivront à intervalles plus ou moins rapprochés, avec en général chaque fois deux ou trois nouveaux morceaux au répertoire.

Un fanzine punk Le Gigolo, basé près d’Olten, sort alors une cassette d’enregistrements que je lui avais fournis (mais dans une copie de très mauvaise qualité), enthousiasmé que ce ne soit pas seulement en suisse allemande qu’on puisse écouter des groupes intéressants. “…man kann zu ihren songs pogoen oder auch nur zuhören oder beides …”.

Ensuite, le groupe a franchi les frontières de l’agglomération lausannoise pour se produire au festival off de Montreux (plus jamais ça), puis aux fêtes du Castrum à Yverdon (où une partie de nos admirateurs a quelque peu semé la zizanie), ainsi qu’au festival Fri-Art à Fribourg.

Puis ce fut une “grande tournée” pour deux dates au Centre Autonome de Zürich (AJZ – alors en état de décomposition avancée) puis à Wettingen, en compagnie, notamment de A+P, de Münich.

En octobre, nous avons été invités par les Crazy Cats, héros de la communauté rockabilly, à faire leur première partie, ce qui n’était pas sans risques, vu l’antagonisme légendaire et parfois musclé qui
régnait entre les punks et les teddies, mais l’ambiance était plutôt bonne et il n’y a pas eu de blessés graves.

Puis il y eut un concert en direct, mais sans public, à la radio, ce qui fut une expérience plutôt éprouvante parce que le studio était si bien insonorisé que nous n’avions pas l’impression de produire le dixième du bruit habituel, et que nous avons démarré nos morceaux beaucoup trop vite.

L’année se termina avec plusieurs concerts au légendaire et homérique Cabaret Orwell qui fut l’ancêtre de la Dolce Vita, et deux concerts dont un pour le Nouvel An à Genève.

Puis comme chacun avait le désir de s’orienter vers une autre direction, mais pas la même, Six Pack disparut de la scène.

LES CONCERTS

Les 18 concerts donnés par Six Pack

(Les playlists n’indiquent que les nouveaux morceaux inscrits au répertoire)

30 janvier 1981 : Lapin Vert, Lausanne
Avec : Eucalyptus Now, Burn, Stress, HLM, Diskolocaust
Playlist : Who knows who understands, Fuckin’ teds, Won’t you tell me, Planet claire

7 février 1981 : Grand Vennes, Lausanne
Avec : Black and White, HLM, Baramine
Playlist : + Why are you tellin’ me lies, A war

25 février 1981 : Grand Vennes, Lausanne
Avec HLM, en remplacement de Technycolor pour la première partie de Starshooter
Playlist : + Frontiers of the wild king, Working in a bank

28 mars 1981 : un mariage
Playlist : + Youtze too, 4 x 3, Walking in the dark

30 mai 1981 : Entrebois, Lausanne
Avec : Two Boys, Loosy Roolie, HLM
Playlist : + Cardinal, Watergun

27 juin 1981 : Fête à Lausanne
Avec : Bounce, Realtime, Onoa, Notas, Tashi, Tabasco, Wooden Three, Petit Beedy Band II, Maladie Honteuz. Vu l’heure tardive, on nous a coupé la sono en cours de route.

16 juillet 1981 : Montreux – festival off
En plein après-midi au sommet d’un échafaudage entre le Casino et la piscine. Parmi une jungle de larsens et de bourdonnements. Une horreur !

15 août 1981 : Jeux du Castrum, Yverdon. Avec : Seagull, André Thesaury, Area Sole Band, Baramine. Concerts quelque peu chahutés.

17 septembre 1981 : Fri-Art Fribourg. Avec Mini Mouchi Cousi, Débile Menthol
Playlist : + Garbage man, Tu boys, Telefonz

25 septembre 1981 : AJZ, Zürich. Avec Soapy & Wet, A + P
Au Centre Autonome, avant qu’il ne soit rasé, ce qui n’était pas une mauvaise chose.

26 Septembre : Spinnerei, Wettingen. Avec Soapy & Wet, A + P

10 octobre 1981 : Grande salle de Prilly. Avec Crazy Cats
Playlist : + Fire (Robert Gordon)
Malgré quelques bagarres et jets de bouteilles, ça s’est bien passé

23 octobre 1981 : RSR2 Rockline (en direct).

20-21 novembre 1981 : Cabaret Orwell, Lausanne.
Playlist : + 84 cabaret, Bobby’s drowning

5 décembre 1981 : Festival de CHANGé, Centre de Loisirs de Carouge.
Avec Backstairs, BdH

décembre 1981 : Cabaret Orwell.
C’était pour un reportage de la TV suisse-romande.

31 décembre 1981 : Réveillon Tout Va Bien, Genève.
Avec Gama

MUSIQUES

l me reste des dizaines de cassettes enregistrées un peu n’importe comment durant les répétitions ou certains concerts, et d’où il est difficile d’extraire quelque chose de satisfaisant, aussi bien sur le plan acoustique qu’au niveau de l’interprétation qui avait une propension certaine à partir souvent dans les décors, l’essentiel étant alors plus de foncer dans le tas que de soigner la précision de la mise en place. Aussi, je n’ai pas prévu de version CD pour l’instant.

Pour le téléchargement, j’ai sélectionné arbitrairement quelques titres. Certains seront peut-être remplacés et d’autres ajoutés quand j’aurai un peu de temps pour explorer plus rigoureusement mon stock de cassettes.

ECOUTER - MP3

CONCERTS

ROCKLINE – Genève broadcast – 23 Octobre 1981 – partie 1
Won’t you tell me – Who knows who understands – Téléfonz – Working in a bank – 3 x 3
mp3 192 kbps – 24.8 Mo – 18:07 Min

ROCKLINE – Genève broadcast – 23 Octobre 1981 – partie 2
Walking in the dark – Why are you tellin’ me lies – A war – Two boys – Fuckin’ teds!
mp3 192 kbps – 24.4 Mo – 17:48 Min

Festival Tout Va Bien – Genève – 31 Décembre 1981
Garbage man – Frontiers with wild king – 3 x 3 – Bobby’s drowning – Cardinal – Téléfonz
mp3 192 kbps – 29.4 Mo – 21:24 Min

Cabaret Orwell – Lausanne – 20 Novembre 1981 – partie 1
Wont’ you tell me – Watergun – Fire – Fuckin’ teds – Cabaret Orwell 84 – Why are you tellin’ me lies – A war – Cardinal
mp3 192 kbps – 43.9 Mo – 31:59 Min

Cabaret Orwell – Lausanne – 20 Novembre 1981 – partie 2
Garbage man – Frontiers with wild king – Working in a bank – Youtze too – Bobby’s drowning – Walking the dark – Téléfonz – Two boys – 3 x 3
mp3 192 kbps – 43.9 Mo – 31:59 Min

Cabaret Orwell – Lausanne – 20 Novembre 1981 – partie 3
A war – Working in a bank – Fuckin’ teds – Walking the dark – Téléfonz – 3 x 3
mp3 192 kbps – 32.1 Mo – 23:52 Min

Cabaret Orwell – Lausanne – 21 Novembre 1981 – partie 1
Wont’ you tell me – Why are you tellin’ me lies – Fucking’ teds – Cabaret Orwell 84 – Watergun- Who knows who understands – A war – Cardinal
mp3 192 kbps – 39.9 Mo – 29:06 Min

Cabaret Orwell – Lausanne – 21 Novembre 1981 – partie 2
Garbage man – Frontiers with wild king – Working in a bank – Youtze too – Bobby’s drowning – Walking the dark – Téléfonz – Two boys – 3 x 3
mp3 192 kbps – 40.2 Mo – 29:19 Min

Cabaret Orwell – Lausanne – 21 Novembre 1981 – partie 3
Watergun – Two boys – Won’t you tell me – Cabaret Orwell 84 – Garbage man – 3 x 3
mp3 192 kbps – 32.1 Mb – 23:25 Min

Fri-Art – Fribourg – 17 Septembre 1981 – partie 1
Wont’ you tell me – Cardinal – Grbage man – Frontiers of the wild king – Who knows who understands – Fuckin’ teds – Youtze too – Why are you teelinp’ me lies – A war
mp3 192 kbps – 38.2 Mo – 27:49 Min

Fri-Art – Fribourg – 17 Septembre 1981 – partie 2
3 x 3 – Working in a bank – Watergun – Walking in the dark – Two boys – Téléfonz
mp3 192 kbps – 31.9 Mo – 23:14 Min

REPERTOIRE

F….Teds  – Grand Salle d’Entrebois Lausanne – 30 Mai 1981 
mp3 192 kbps – 4.2 Mo – 3:00 Min

Walking in the dark  – Répétition 21 Juin 1981 
mp3 192 kbps – 6.9 Mo – 5:02 Min

Who knows who understands  – Répétition 11 Juillet 1981 
mp3 192 kbps – 6.9 Mo – 5:02 Min

Youtze too  – Répétition 11 Juillet 1981 
mp3 192 kbps – 2.8 Mo – 2:00 Min

Frontiers of the wild king – Working in a bank  – Répétition 23 Juillet 1981 
mp3 192 kbps – 6.3 Mo – 4:33 Min

3 x 3 – Grand Salle de Prilly – 10 Oktober 1981 
mp3 192 kbps – 2.8 Mb – 2:04 Min

Won’t you tell me – Répétition 5 Novembre 1981 
mp3 192 kbps – 2.8 Mo – 2:04 Min

A war – Cabaret Orwell Lausanne – 20 Novembre 1981 
mp3 192 kbps – 7.3 Mo – 5:18 Min

IMPROVISATIONS

Improvisation 01 – Répétition 21 Février 1981 
mp3 192 kbps – 4.1 Mo – 3:00 Min

Improvisation 02 – Répétition 21 Février 1981 
mp3 192 kbps – 2.9 Mo – 2:08 Min

Improvisation 03 – Répétition 26 Février 1981 
mp3 192 kbps – 4.4 Mo – 3:11 Min

Improvisation 04 – Répétition 26 Février 1981 
mp3 192 kbps – 3.9 Mo – 2:50 Min

Improvisation 05 – Répétition Mars-Avril 1981 
mp3 192 kbps – 5.6 Mo – 4:05 Min

Improvisation 06 – Répétition 5 Novembre 1981 
mp3 192 kbps – 7.1 Mo – 5:10 Min

REVUE DE PRESSE

L’archiviste est désolé de ne pouvoir préciser avec plus de rigueur de quels numéros de quels journaux proviennent les extraits ci-joints.

Chaud punk au Lapin-Vert ! (30 jan.81)

“… La chaleur est à son comble et la fatigue augmente inévitablement. Les trois de Six Pack bouclent la soirée alors que, ironie du sort, le café ne peut plus servir de bière. Tout a été bu. Quelle soirée !” ( J.-B. B.)

Grand-Vennes (25 février 1981)

“… Au pied levé, Six Pack les (Technycolor) a donc remplacés. Ils fêtaient ce soir-là un anniversaire : le premier mois d’existence du groupe ! Faut le faire. C’est pour cela qu’on ne parlera pas de la difficulté d’être ensemble, du trac non plus. Et pas davantage de leurs propres compositions puisqu’elles nous ont semblé intéressantes, à la hauteur en tout cas de leur ambition (immense!)”. (JBB – 24 Heures – 26.2.81)

“… Ça nous a quand même donné l’occasion d’entendre deux groupes vaudois, Six Pack de Lausanne et HLM de Moudon, et d’en apprécier finalement un seul, le premier.” (J-B, Besençon)

“… Au pied levé, Six Pack de Lausanne, et HLM, du punk juvénile et fébrile, ont tenu la première partie. De Six Pack, on a surtout apprécié la section rythmique et sa formidable puissance. Il y avait des pulsions balançantes dignes des meilleurs morceaux de Joe Jackson. Normal, ouisqu’il s’agit d’une des influences musicales fondamentales des trois musiciens, réunis depuis un mois seulement. A revoir.” (M.C.)

Yverdon (15 août 1981)

“… Six Pack, c’est également un des derniers représentants d’une race en voie de dispariton : Celle des punks. Afin d’assister à leur … Heu, disons concert, une bande de ces punks lausannois s’était déplacée dans la capitale nord vaudoise. Ce genre de musique, il faut apprécier (à chacun ses goûts), mais qu’on se contente d’écouter pour ne pas s’en prendre à ceux qui aiment moins.” (JMB – Journal d’Yverdon)

“… A 18 heures, les rangs se sont resserrés avec Six Pack, et l’arrivée des inconditionnels lausannois du groupe. Composée de trois musiciens, cette formation a acquis en quelques mois une solide réputation avec ses compositions originales et la personnalité de ses membres. “

“… Dans la soirée, les esprits se sont échauffés. Du matériel a été endommagé mais le concert a pu tout de même se poursuivre. Dix-sept punks et skinheads, lausannois pour la plupart, ont été interpellés au terme du concert. Après identification, ils ont été relâchés vers 1 heure du matin. Plusieurs d’entre eux ont été dénoncés.”

SIX PACK + CRAZY CATS
Rock à Prilly (10 octobre 1981)

“Ainsi, malgré la pluie gelée, le public est venu en nombre. Plus de huit cent personnes, dont l’habillement souvent haut en couleurs, reflète les modes aujourd’hui les plus en vogue parmi la jeunesse.
Au début du concert, les punks occupent les premiers rangs et Six Pack le devant de la scène. Le spectacle démarre au quart de tour, agressif et bruyant. Des morceaux courts, nerveux et incisifs que les trois musiciens interprètent avec une remarquable précision. Le groupe s’est indiscutablement amélioré : c’est particulièrement sensible dans la seconde partie du concert, lorsque l’inspiration se nuance un peu. Solos de guitare et une superbe introduction à la basse frappée pour le dernier titre du concert …
… A la fin pourtant, une remarque un peu désabusée nous traverse l’esprit : comment comprendre que, tandis que des groupes s’échinent à créer des musiques originales, d’autres parviennent à réconcilier tous les publics en reprenant, à la note près, des refrains qui ont fait danser nos parents il y a vingt ans déjà … Comme si le rock’n’roll entrait au musée ?!”

(J.B. Besençon)

Extrait du Livre L’officiel du rock et ders musiques actuelles.
Action CH-Rock 1998 (p. 59-60)

De l’autre côté du Flon, le punk-rock domine. D’abord avec les Wyllies (dont deux zürichoises) activistes et militantes, qui se démarquent par leur professionnalisme, et par conséquent en marge de cette scène lausannoise encore très dilettante. Plus en vue et pilier de la scène, Six Pack va s’épanouir tout au long des années huitante. Parti sur les traces de Joe Jackson et des Sex Pistols, l’hydre va se muer en Charlotte et les Paons, punk et grivois, avant de virer Agriculture Club et de prendre un virage new wave. On est à l’écoute de Londres et de la montée principalement des Cure, d’And Also The Trees … Une vague que la formation va poursuivre sous le nom de Jimmy Pampers et les Langes de l’Enfer, puis The Bill. Finalement The Bill ne laissera qu’un disque. Toujours marqué par les mêmes influences, le groupe évolue au point que leur premier et dernier opus sonne comme du New Order. En fin de carrière, le trio devient quintette et lorgne vers des influences plus couillues et américaines, style Living Color. Toutefois, s’admettant limité techniquement et toujours en retard d’une mode, bien que salué avec I Scream, comme l’un des talents lausannois en 1989 par l’Hebdo, ils déposeront les guitares à l’aube des nineties, ne revenant qu’occasionnellement pour rire sous le nom de Vino Box. En bière comme en vin, le groupe a purgé ses dix ans de scéne sans jamais caresser le projet de faire carrière. Ils ne passeront jamais le cap du vinyle au CD.